Introduction

Dans les années 1620-1630, à Anvers dans les Flandres (anciens Pays-Bas), Rubens et Jan I Brughel (Brughel l’ancien, dit Brueghel de Velours ou de Paradis, 1568-1625) s’associaient afin de peindre à deux mains moins d’une trentaine de tableaux. Le talent de Jan I Brueghel à retranscrire la vie animale joua un rôle décisif dans l’évolution de la peinture animalière. Il dessine des animaux croqués sur le vif dans différentes postures, cherchant à capter au mieux leurs attitudes. Il s’intéresse aux scènes de chasse qu’il intègre à des thématiques reli gieuses ou mythologiques, tels que les épisodes de la vie de Diane à la chasse qu’il peint à plusieurs reprises en collaboration avec Rubens. 

Les peintres anversois Nicasius Bernaerts (1620-1678) et Pieter Boel (1622- 1674), tous deux élèves de Frans Snyders (1578-1657), l’un des collaborateurs de Rubens spécialiste de la peinture animalière, arrivent à Paris vers 1660 appor tant avec eux leur savoir-faire dans le genre animalier ouvrant ainsi une nou velle page de l’histoire de la peinture animalière en France. Ils participèrent ensemble aux décors de la Ménagerie de Versailles où ils s’employèrent à peindre les animaux issus de la faune, tant locale qu’étrangère, que Louis XIV avaient rassemblés dans ce bâtiment dès 1665.

Ce sont ces peintres nordiques qui amenèrent les artistes Français à adopter un style associant une écriture naturaliste et un goût pour la peinture décorative déployant toutes ses richesses esthétiques. François Desportes (1661-1742) fut formé par Bernaerts à Paris et occupa la scène de la peinture animalière avec brio jusqu’à l’arrivée de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755). Desportes, inspiré par les flamands, mit au point dès les années 1700 un modèle de portrait canin qui perdura jusqu’à la fin du règne de Louis XV. Oudry quant à lui, fut l’élève de Nicolas de Largillierre auprès de qui le jeune artiste se révéla l’un des meilleurs peintres animaliers de cette époque.

C’est de ces deux figures de l’art animalier français, Desportes et Oudry, que découle les deux scènes de chasses de Christophe Huet (1694-1759). C’est dans une autre veine que s’inscrit en 1785 le Portrait d’un chien jouant avec une chaus sure de Dominique Doncre (1743-1820), montrant un animal domestique dont l’aspect est entièrement modifié par l’homme et réduit à l’état d’accessoire.