CHIEN JOUANT AVEC UN SOULIER

Dominique DONCRE (1743-1820)  

Huile sur toile 41 x 33,5 cm. Inv. 005.16

 Signé et daté en bas à droite : D.Doncre/pinxit/1785

Le petit chien de compagnie est le meilleur atout des portraits et des scènes de genre à la fin du XVIIIe siècle. Que ce soit au sein des salons ou dans l’intimité d’une chambre, le chien, objet de luxe, faisait partie intégrante de la vie quotidienne d’une aristocratie soucieuse d’exposer ses signes de richesse. Cette petite chienne, sorte d’accessoire de mode, est tondue de près, ses oreilles coupées (on dit «écouées»), ses griffes manucurées et ses dents peut-être même également taillées, comme le favorisait la tradition à cette époque. « Chien bichon » ou un « chien de manchon », termes génériques pour désigner les chiens miniatures sous l’Ancien Régime, cet animal est sans doute une sorte d’épagneul nain en vogue à l’époque du tableau mais ici rendue méconnaissable. Ce portrait montre l’artificialité de l’animal entièrement dénaturé par l’homme : la petite chienne est représentée juchée sur un coussin, entourée d’une balle et de noix. Ici pas de présence humaine, si ce n’est le soulier malmené qui rappelle la proximité de la maîtresse dont la chienne semble vouloir se venger. Si la présence des noix au premier plan donne une échelle à la représentation, elle rend également ce portrait de chien moins frivole qu’il n’y paraît. Dans la symbolique chrétienne, la noix est le symbole du Christ, la coquille évoque le bois de la croix tandis que le fruit qui s’y loge représente le corps du Christ. Nous aurions-nous donc là un tableau du type de la Vanité, à forte portée symbolique et philosophique. Ces noix pourraient faire également référence au savoir-faire de Doncre, artiste réputé pour ses natures mortes entièrement composées en trompe-l’œil.