TÊTE BIZARDE DE DAIM NOIR DE PROFIL

Jean-Jacques BACHELIER (1724-1806)
Huile sur toile
40,5 x 32,5 cm.
Inv. 62.88.1
Signé et daté en bas à droite : Bachelier, 1757
En bas à gauche une inscription sur un cartel de papier peint en trompe l’œil :
Tête Bizarre d’un daim / noir a sa Seconde tête / pris par m. de Champrenet / avec L’Equipage du
/ Roy, attaqué à la / garenne de Seves [sic] et pris / au pui de L’angle dont / L’original a été Envoyé
/ au cabinet du / Jardin du Roy.  

A la mort de Jean-Baptiste Oudry en 1755, c’est à Jean-Jacques Bachelier que revient la charge de peindre les trophées dont Louis XV tient à garder le souvenir. Ces deux peintres exécutèrent de véritables tableaux en trompe-l’œil mettant en scène, sur un fond de pierre, de marbre ou de bois en trompe-l’oeil, les bois des cerfs pris par le roi qui montrent des déformations ou des bizarreries anatomiques. Alors que les massacres ou trophées qui servent de modèles aux peintres ne sont pas exposés à la vue, les tableaux qui en rendent compte étaient probablement installés dans l’escalier de la cour des Cerfs qui desservait les Petits Appartements du roi à Versailles. Cette série reprend le thème classique de la galerie de trophées : chaque tête d’animal est annotée de la date et des circonstances de sa prise. Louis XV porte un grand intérêt à ses trophées bizarres. Ces bois et têtes de cervidés avaient une valeur multiple : à la fois trophées royaux et curiosités naturalistes, ces singuliers trophées firent l’objet d’une quasi-fétichisation. Bachelier peint en 1757 trois représentations de la même tête d’un daim noir chassé par l’équipage royal. Cette tête sera ensuite naturalisée et envoyée au cabinet du Jardin du Roi (ancêtre du Museum national d’Histoire naturelle) pour y être conservée et étudiée. Le tableau présenté ici fait pendant à un second qui décrit le même motif mais vue de face (voir p. 52). Il appartient également aux collections du musée. Le troisième tableau n’est plus localisé. Le trophée est représenté ici de profil, fixé par une ficelle à un clou et présenté sur une planche en sapin dans le plus grand illusionnisme. Il est composé de deux dagues pointues, et de deux repousses d’andouillers recouvertes de velours. Si ces deux dagues sont normales chez un jeune daim, elles sont ici curieusement accompagnées d’une autre paire de bois recouverts de velours, plus épais et arrondis à leur extrémité, que l’on nomme « deuxième tête », et qui ne devrait apparaitre qu’une fois les premières dagues tombées.